samedi 29 décembre 2012

Jeanne d'Arc, détail de l'histoire

Je me suis insurgé plusieurs fois dans ce blog à propos des mensonges distillés dans nos livres d'histoire. En effet, ce n'est qu'à l'âge d'adulte que j'ai compris que les chemins de notre connaissance avaient été bornés à gauche, et à droite, par les idéologies étatiques ou religieuses.
Non contents de romancer notre mémoire collective, les historiens l'ont repeinte en rose ou en noir, pour répondre aux souhaits de leurs ministres ou de leurs commanditaires.
Ainsi, il serait amusant d'interroger les gens de la rue sur les personnages ayant marqué la fameuse "Guerre de cent ans". Déja, vous pouvez être assurés que la majorité des personnes interrogées sera incapable de vous dire quoi que ce soit sur cette période troublée de l'histoire. Ne parlons même pas des dates.
Une minorité semblera plus savante et résumera l'épisode à une guerre entre les français et les anglais, à cheval sur les XIV et XVème siècles, se terminant par les actions décisives de Jeanne d'Arc, boutant les anglais hors de France.
Penchons nous sur le bac à sable. En effet, les fourmis anglaises et françaises s'étripent joyeusement, grosso modo de 1328 à 1453. Cinq rois se succèdent pendant cette période sur le trone des capétiens: Philippe VI, Jean II, Charles V, Charles VI, Charles VII. La peste taille à grands coups de faux les populations épargnées par les chevauchées anglaises et par la famine.
Jean II passe une bonne partie de son règne à Londres, après avoir été fait prisonnier à Poitiers. On ne peut pas toujours être victorieux dans le Poitou. Charles VI, entre deux périodes de folie, regarde ses oncles se disputer le pouvoir.
Arrive alors des fins fonds de la Lorraine une pucelle. Elle fait partie d'une série d'envoyées de Dieu qui arrivèrent trop tôt, ou trop tard, à la cour de Charles VII. Celle là tombe pile au moment où le roi a le plus grand besoin de redorer son blason. Elle a été annoncée par une prophétie de Brigitte de Suède, rédigée au milieu du XIVè siècle et qui dit à peu près ceci: "La France sera détruite par une femme et restaurée par une pucelle des marches de Lorraine". Ceux qui accordent foi à cette prophétie attribuent le rôle de destructrice à Isabelle de France, fille de Philippe le Bel, épouse d'Edouard II et mère d'Edouard III, l'ennemi anglais.
Jeanne a 17 ans quand elle reconnait Charles VII au milieu de ses courtisans le 6 mars 1429, elle vient de l'est de la France. Le 8 mai 1429,  elle délivre Orléans. Elle échoue devant Paris le 8 septembre 1429, est capturée devant Compiègne le 23 mai 1430 et est brulée le 30 mai 1431. Fulgurante épopée d'une jeune fille de dix-huit ans, sacrifiée par Charles VII après services rendus. Epopée de deux ans vers la fin d'une guerre de 125 ans...
Il faudra encore près de 22 années de guerre pour venir à bout des anglais.
Un de nos personnages politiques modernes, grand connaisseur des "détails de l'histoire" a pourtant fait de cette étoile filante le porte étendard de ses troupes. Il y a sans doute des détails plus importants que d'autres.
Il faudra attendre le début du XIXème siècle et le Romantisme pour que la pucelle soit extraite de ses oubliettes et remise au goût du jour.  Michelet par ses élans lyriques contribuera à exalter le personnage. Monseigneur Dupanloup, célèbre pour d'autres exploits, tentera de faire canoniser Jeanne mais il faudra attendre 1909 pour pouvoir accoler l'attribut de sainteté à le jeune martyre.
La boucle sera ainsi bouclée, avec éclat.

dimanche 18 novembre 2012

Généalogie de la famille Saint Blancat (Haute Garonne) liée à Jean Louis PESCH auteur des Sylvain et Sylvette

Les généalogistes sont des rats d'archives, recherchant dans le dédale des registres paroissiaux, des registres d'Etat-Civil, des tables décennales, des listes de recensement, des registres matricules, la trace de leurs ancêtres. Ils suivent des pistes, plus ou moins obscures, pestant contre les pattes de mouches de certains curés ou officiers d'Etat-Civil, les encres qui ont pali, les pages déchirées, les moississures, les lacunes. Ils haïssent les communards qui ont brulé les deux collections parisiennes, catastrophe incroyable pour tous ceux qui descendent d'anciens habitants de la capitale.
Parfois, au sortir d'un taillis, ils débouchent sur des chemins balisés, progressent par bonds avant de retourner dans la forêt profonde, dans un entrelac de ronces ou d'orties.

J'ai cru longtemps être dans une impasse définitive quant aux ancêtres d'un cocher parisien, du nom de Pierre Saint Blancat. Sa fille Marie Louise Saint Blancat se marie à Paris, le 13 novembre 1894.  C'est inquiétant! Qui dit Paris, dit Commune et incendies. Or l'acte de mariage indique que Marie Louise est née à Paris en 1867. Autant dire que son acte de naissance est parti en fumée les 23 et 14 mai 1871!

Je tourne en rond pendant quelques mois.

Puis la mairie d'Aubervilliers vient à mon secours. Je dois dire ici que cette ville de Seine-Saint-Denis peut être citée au Panthéon des amateurs de généalogie. Son service "Archives-Documentation" est d'une incroyable efficacité et, qui plus est, ils sont d'une extrème gentillesse. Ils me trouvent le mariage d'un frère de Marie Louise, François René Saint Blancat et, miracle, il est indiqué dans le texte du mariage, que ce frère est né en Haute Garonne, au Fousseret en 1864.

Ainsi, entre 1864 et 1867, la famille a "émigré" vers la Capitale. L'intérêt de cette découverte tient dans le fait que la Haute Garonne n'a pas brulé ses archives!!!

L'indien repart sur le sentier. Il parcourt le chemin inverse de la migration des Saint Blancat.

La suite est amusante. Notre cocher parisien est bien né en Haute Garonne. Ouf! il fut conçu par un militaire de passage à Bonrepos-sur-Aussonnelle. Jacquette Paris, ayant fauté avec un certain Jean Saint Blancat, accouche de Pierre le 18 septembre 1840. Le militaire a le bon goût de reconnaitre Pierre:

12 Octobre 1840


Reconnaissance d’enfant naturel
Le douze octobre mil huit cent quarante, à Cette, par devant Antoine Marius Salomon Vivarez et son collègue, notaires à la résidence de la ville de Cette, soussignés___
___ A comparu Monsieur jan Saint Blancat, jardinier, né et domicilié à Fousseret, arrondissement de Muret, département de la Haute Garonne, deuxième cavalier à la deuxième compagnie du Corps du Train des équipages de passage à Cette.
___ Lequel a déclaré qu’il est le père de Pierre, né à Bonrepos, département de Haute Garonne, fils naturel de Jacquette Paris, inscrit sur les registres de l’Etat-Civil de la dite commune de Bonrepos comme fils de la demoiselle Jacquette Paris, né de père inconnu et que le dit Jean Saint Blancat ajoute être né le dix huit septembre mil huit cent quarante.
___ Par suite de cette reconnaissance, Mr Saint Blancat entend que son fils ci-dessus désigné, soit désigné sur les registres de l’Etat-Civil et partout ailleurs, sous les noms de lui comparant et donne tous pouvoirs à tous porteurs de cet acte de faire opérer la mention de cette reconnaissance sur le registre de l’Etat-Civil de Bonrepos.
___Dont acte________
Fait et lu au comparant en l’Etude et les minutes de Mr Vivarez en présence des sieurs Rome Jaumel, limonadier, domicilié à Cette, Terrien François, deuxième cavalier aux mêmes compagnies et corps que le comparant et Gabriel Douat, sergent au 26è régiment d’Infanterie de Ligne, 1er bataillon, sixième compagnie au dépôt à Cette.
Signé avec les notaires non le comparant qui de ce requis a dit ne le savoir. Les dits témoins ont attesté l’individualité de Saint Blancat.________
___Rome Jaumel, F Terrien, Douat, Cazalis Nre Vivarez Nre signés à la Minute____
____En marge de laquelle est la mention d’enregistrement dont la teneur suit.
____ Enregistré à Cette le douze octobre 1840 fol 136 V.O.E. reçu cinq francs décimes cinquante centimes.
Signé Delaya.

 Puis, Jean Saint Blancat embarque pour l'Algérie. Malheureusement, à Oran, il contracte une pneumonie qui l'emporte, six mois après la naissance de son fils.

Service des hôpitaux militaires.
Extrait mortuaire.
Commune d'Oran.
Armée de l'Algérie. Hôpital militaire d'Oran.
Du registre des décès du dit hôpital, a été extrait ce qui suit:
Le sieur Saint Blancat Jean, soldat au septième détachement du Train des Equipages militaires, immatriculé sous le numéro 14204 et annuel 650, né le seize juillet mil huit cent dix sept à Fousseret, canton du dit département de Haute Garonne, fils de Jean Marie et de Marie Avéradère est entré au dit hôpital le vingt neuf du mois de janvier de l'an mil huit cent quarante et un et y est décédé le dix neuf du mois février de l'an mil huit cent quarante et un, à dix heures du matin par suite de pneumonie.Je soussigné, comptable du dit hôpital, certifie le présent extrait véritable et conforme au registre des décès du dit hôpital.
Fait à Oran le dix neuf février mil huit cent quarante et un.
Mées ainsi signé.
Nous, Sous Intendant militaire chargé de la police de l'hôpital d'Oran certifions que la signature ci-dessus est celle de monsieur Mées, officier comptable, et que foi doit lui être ajoutée.
Fait à Oran le dix neuf du mois de février mil huit cent quarante et un.
De Saint Brie ainsi signé.


Pierre sera donc élevé par un certain Joseph Dauban, nouveau compagnon et mari de Jacquette. Dans la Haute Garonne, il épousera, en 1863, Louise Toureau, de Juvardeil, dans le Maine-et-Loire, avant de boucler ses malles, de prendre la direction de Paris et d'y concevoir Marie Louise.
La boucle est bouclée.
¨
Pour la petite histoire, j'ajouterai que Marie Louise Saint Blancat rejoindra Juvardeil, village de Louise Toureau où elle élèvera son petit-fils, un certain Jean-Louis POISSON qui n'est autre que Jean Louis PESCH, le célèbre dessinateur de la série des Sylvain et Sylvette.






dimanche 11 novembre 2012

Maître Jean-Pierre Versini-Campinchi et le droit de naître dans un village

J'ai écouté, avec un grand intérêt, Jean Pierre Versini-Campinchi qui, ce matin, plaidait pour que les enfants qui naissent chaque jour dans les maternités françaises, soient enregistrés dans la ville ou le village de leurs parents.
Aujourd'hui, quand je recherche mes ancêtres, je parcours la France profonde, les petits villages de Maine-et-Loire, de Mayenne ou du Pas-de-Calais. Je retrouve des berceaux oubliés de ma famille, Daumeray, Chatelais, Frévent, Trifouilly.... C'est vrai de Henry IV à René Coty!
Quand, dans une centaine d'années, les nouveaux généalogistes se pencheront sur les Etats-Civils, ils noteront que leurs aieux sont nés à la maternité du Mans, d'Angers, de Laval, de Nantes... Ils ne disposeront d'aucun moyen de savoir dans quel village vivaient leurs arrières grands parents. Ils supposeront qu'ils étaient restés dans les mêmes villages que les générations antérieures mais, le doute subsistera.
Dans les temps anciens, on se mariait dans le village natal de la future épouse. Cela a facilité nombre de trouvailles des généalogistes. Il m'étonnerait qu'on convole de nos jours dans les maternités.
Et comme on meurt rarement dans son lit, il en est de même pour les lieux de décès. La boucle est bouclée. On notera: Jules Tartempion né à la maternité de Versailles, décédé à l'hôpital de Tours... Passionnant!
Par ailleurs, pour trouver une date de naissance dans un petit village il suffisait de parcourir une dizaine de pages. Tout le monde naissant au même endroit, imaginons le casse-tête futur du chercheur.
Bref, Maître Versini met le doigt sur un vrai problème et je l'en remercie au nom des mes descendants.
Au mieux, il suffirait d'une toute petite loi, d'une réforme quasiment sans frais, pour que la secrétaire de mairie de Brissarthe (au hasard) enregistre la naissance de ce joli petit bébé né à Angers de parents vivant au village. Il suffirait d'indiquer l'adresse de la maternité dans les commentaires pour que tout soit clair.
Au pire, une loi pourrait imposer que les grandes villes indiquent dans leurs Etats-Civils le lieu de vie des parents. L'informatique ferait le reste pour que chacun réintègre statistiquement son propre village. Je dis bien, au pire!
Allez, messieurs les législateurs, un petit effort d'intelligence! Cela nous changera! La Commune a fait disparaître par les flammes les registres paroissiaux et les registres d'Etat-Civil (*) de Paris antérieurs à 1870. Les us jettent une couverture opaque sur les Etats-Civils contemporains. Pour Paris, c'est trop tard, la capitale restera définitivement le cauchemar des généalogistes.

(*) Pendant la Commune de Paris, le 23 mai 1871, les communards incendient volontairement de nombreux bâtiments publics dont l’Hôtel de Ville de Paris : le premier exemplaire de l'état civil et des registres paroissiaux est alors anéanti en quelques heures. Le lendemain, 24 mai, ils incendient le Palais de justice : le deuxième exemplaire de l'état civil et des registres paroissiaux disparaît à son tour.



Pour la France moderne, il est encore temps de réagir!

Entre nous, il me semble que l'INSEE peut être mis à contribution dans cette "lutte". Cet organisme recense, chaque année, un cinquième des villes et villages français. Je suis persuadé qu'il trouverait un intérêt statistique à la mise au point de cette nouvelle loi.






jeudi 1 novembre 2012

Planche originale de la bande dessinée de jean Louis PESCH "Vas y Bazille"


Me voici propriétaire de cette magnifique planche originale d'une bande dessinée de Jean Louis PESCH.
Il est émouvant de penser que Jean Louis a passé des heures sur cette feuille dont l'originalité tient dans la présence de tous ses animaux, avec, bien entendu, ses deux héros. Comme c'est la dernière page de l'album, j'ai également la signature de l'artiste.
J'ai ainsi appris que les créateurs de BD dessinent chaque page, à l'encre de chine, sur une grande feuille de 35 x 45 cm (environ). L'éditeur réduit ensuite le dessin au format habituel de 22 x 29 cm.
Il leur faut un sacré sens de la mise en scène puis du cadrage pour déterminer le format de chaque image et y insérer chaque action. La colorisation s'effectue sur un calque ajouté par dessus.
Ces planches sont très recherchées et j'en ai bénéficié en raison de petits services rendus ....

C'est deguisé en PANCHITO, un de ses premiers personnages, qu'il a frappé à ma porte porteur de ce magnifique cadeau.

jeudi 13 septembre 2012

Restaurant à vendre. La Croisière à Brissarthe

La terrasse du restaurant "La Croisière" à Brissarthe


Le village de Brissarthe ne déroge pas à la règle qui veut que tous les commerces de proximité disparaissent peu à peu de nos campagnes.
La Croisière, joli petit restaurant, a fermé ses portes il y a deux mois. C'était la dernière "entreprise" d'un bourg qui compta, il y a une cinquantaine d'années encore, deux épiceries, deux restaurants, un hôtel, une charcuterie, un tailleur, une quincaillerie, un maréchal-ferrand et j'en oublie sans doute. Deux décennies plus tôt, vous auriez également trouvé, un chapelier et un grainetier.
Pourtant, ce dernier restaurant était très viable. Adeline en avait fait le rendez-vous incontournable de tous les VRP, artisans, employés, qui étaient amenés à travailler dans la région. Ils connaissaient cette bonne adresse où, mêlés à quelques habitants du village, à quelques commerçants de Chateauneuf-sur-Sarthe qui n'hésitaient pas à faire le déplacement, ils mangeaient la bonne cuisine de Thierry, dans une atmosphère très conviviale.
Malheureusement, Adeline nous a quittés très vite, frappée par une terrible maladie. Et, la Croisière s'est arrêtée là, auprès de la vieille église romane.
Il suffirait qu'un couple dynamique repère cet endroit, y pose ses valises, rallume les fourneaux, pour que la clientèle revienne, ravie. Tous est prêt pour repartir, dans ce voyage immobile, dans ce bâteau amarré en bord de Sarthe. Les casseroles sont propres, le comptoir est astiqué, les tables ne demandent qu'à être remises en place, dans les trois salles ou en terrasse. Il suffirait de presque rien, peut-être dix années de moins, pour que je leur dise qu'ils viennent (Bon, je sais, c'est une chanson de Reggiani, mais j'avais envie de mettre là ces jolis vers!).
D'ailleurs, je leur dis: "Venez!". Vous serez bien accueillis! Nous vous aiderons à vous faire connaître!
Il y a un défi à relever!

lundi 27 août 2012

Pourquoi je n'irai plus jamais en Tunisie

J'ai intitulé un de mes précédents billets: "Pourquoi je n'irai plus jamais au Sénégal".
Etait-ce le début d'une série?; Je ne sais pas. Mais, en ce qui concerne la Tunisie, je pose le même constat. Ce pays restera l'un de mes  plus mauvais souvenirs de voyage.
Oh, ne croyez pas que je suis un de ces français qui, sortis de l'héxagone, regardent autour d'eux d'un air pincé, les gens et les coutumes! J'ai adoté Cuba, la Turquie, la Grèce, la Crète, le Canada...
Il faut croire que le sud de la Méditerranée ne m'inspire pas.
La Tunisie est un pays de poussière. Les rues des villes sont sales, grouillantes de vendeurs de drouille, avides de vos euros. Ils méprisent les touristes, juste bons à laisser quelques sous dans leurs escarcelles vides. Pas de sympathie ambiante, vous passez des commerçants flagorneurs aux barbus qui vous toisent avec suspission.
Dans les hôtels, le backchich est de rigueur. Au restaurant, au bar, autour de la piscine un sourire se mérite à coups de dinars.
Les plages ne sont pas très propres. Les femmes seules sont des objectifs tout désignés pour les dragueurs locaux.
On ne canalise pas le tourisme autour de sites valant le détour, On crée des sites qui attirent les touristes, des zoos, des spectacles "sons et lumières". Là, dans la chaleur et la poussière, on cotoie des animaux exsangues, des employés de l'ennui, de faux artisans, de faux mariages, de fausses pierres.
Dans des ports de plaisance, comparés sans honte à Saint Tropez ou à Pornic on passe de boutiques qui étalent des tonnes de faux Gucci ou de faux Dior, à des vendeurs de djellabahs "made in china" , négociables entre 10€ et 50€, des terrasses vides, des fausses galères qui, en mer, sont de vraies galères.
Les taxis se négocient au double du prix du compteur.
Deux bonheurs vous seront donnés. Le premier, dans les premières conq minutes de votre arrivée, par le soleil, le second, dans la minute de votre départ, le soulagement de rentrer chez soi.

Entre ces deux moments de votre existence, cette destination "bon marché" vous aura coûté fort cher en heures de vacance perdues!

vendredi 24 août 2012

Rédaction de rentrée: Racontez vos vacances

Devoir de Français.
Classe de 3ème.
Gabrielle D.....

Sujet: Colonie de vacances originale.

Je remercie mon professeur de français pour ce sujet "bateau". Cela fait la quatrième fois qu'on me fait le coup! Bonjour l'originalité!
Cela dit, je vais en profiter pour parler de ma semaine en colonie de vacances, vous pourrez ainsi juger par vous même.
Ma copine Clara et moi, on s'est retrouvées en colo pendant la dernière semaine d'août. Notez bien que c'était une colo particulière, nous n'étions que quatre "pensionnaires". Ma sœur et une de ses copines faisaient partie du lot.
L'un des rares avantages de ce lieu de vacances c'est qu'il est "gratos". A notre époque de crise c'est apréciable! L'endroit est tenu par un vieux couple de retraités. Le vieux s'occupe de nettoyer la piscine et de tondre la pelouse. La vieille fait la cuisine. Il n'y a pas de moniteurs.
J'ai échappé au dortoir des petites. Avec Clara on s'est retrouvées dans une chambre avec deux grands lits.
C'était pratique, le soir, pour discuter. Ah, pour ça, on s'en est payées des bavettes! On empéchait les deux vieux de dormir mais, tant qu'ils ne montaient pas nous dire d'arrêter on causait. C'était bien! Quand le vieux ralait, entre minuit et une heure du matin, on décidait de dormir. Ils sont chiants ces vieux, les boules Quiès c'est pas fait pour les chiens tout de même!
Pour rattraper le sommeil en retard, on se levait vers midi. La vieille avait terminé sa tambouille. On nous forçait à mettre la table ou à faire la vaisselle. Un mauvais moment à passer avant de reprendre nos bavardages.
Après le repas de midi, les deux vieux faisaient la sieste. Comme on les avait empêchés de dormir le veille, ils nous foutaient la paix pour deux ou trois heures. On en profitait pour squatter l'ordinateur.
A leur réveil, on remontait dans notre chambre pour bavarder.
Vers 17h00, on mettait nos maillots de bain et on allait dans la piscine. Le vieux l'avait nettoyée et préparée. Le vieille se remettait à la tambouille pour le repas du soir. La seule fois où il y a eu un problème c'est le premier jour.
Le vieux s'est mis en tête de nous présenter son village et de nous raconter, dans l'église, la bataille qui s'y est déroulée en 866. N'importe quoi! La rentrée c'est dans quinze jours!
Bref, il a fallu mettre les choses au point! On a d'abord fait une tentative d'évasion à vélo mais cela a foiré. Le vieux ne les avait pas encore regonflés.
Alors, on est parties toutes les deux vers l'église en marchant à 50m devant l'ancien. Pas pratique pour lui de nous parler du village à cette distance. Il s'est essoufflé derrière nous.
A un moment, on a croisé une ancienne fermière que je connais. la honte! D'habitude je m'arrête pour lui faire la bise mais là, avec Clara à mes côtés, je suis passée devant elle raide comme un piquet. Un petit signe de tête pour lui montrer que je l'avais reconnue et basta!
Arrivées à l'église on a attendu le vieux en bavardant. Il est arrivé avec cinq bonnes minutes de retard.
Là, il a un peu craqué l'ancien! Il avait compris qu'on se foutait de son histoire comme de l'an quarante! Il nous a passé une avoine, avec des mots bizarres comme "politesse"!
Ou là!
On est des ados nous! La politesse n'est pas au programme du collège! Mais où il va lui avec ses mots compliqués?
Le principal c'est qu'on a coupé à l'évocation historique. Il nous a renvoyées vers la colo. Pas content le vieux! Nous, qu'est-ce qu'on a rigolé!
Et, finalement, on s'était tapé deux km à pied pour rien! On aurait pu éviter ça!
Je crois qu'ils ont compris. Ils avaient envisagé une promenade à pied le long de la Sarthe mais, on n'en a plus entendu parler!
D'autant plus que, le lendemain,  le piquenique auquel ils nous ont obligées à participer chez des amis à eux a été l'occasion de mettre les points sur les I. On a bien voulu dire bonjour. La honte! Puis on s'est éloignées d'une centaine de mètres pour bavarder trois ou quatre heure, jusqu'à ce qu'ils nous rapatrient à la colo. C'est eux qui avaient la honte après ça!
Les jours suivants, on a pu continuer nos bavardages d'adolescentes. On les croisait au moment des repas. Bon, ils se mettaient à la même table que nous mais c'était relativement supportable.
Je dois avouer, pour dire la vérité, que les deux vieux sont mon grand-père et ma grand-mère. Ce n'est quand même pas une raison pour vouloir engager la conversation avec nous!

On est des ados!
C'est l'âge bête!
 Il faut en tenir compte!
Sinon, où on va?

Notation de l'élève et commentaires:
Votre style est un peu familier mais original. NB: Il est inutile de me remercier en début de texte.
Quelques termes et expressions trop triviales: Ex: "Ils avaient la honte...", "gratos","colo" etc...
Utilisation trop fréquente de "On" à la première personne du pluriel. Utilisez "Nous".
Le mot "Politesse" n'est pas compliqué il est seulement difficile à utiliser de manière pratique pour des "ados".
Je vous mets quand même 15/20. J'ai bien rigolé.
J'aprécierais que vous me présentiez vos grands parents. J'adore rencontrer des couillons!
Je leur mets 18/20 en sociabilité et 5/20 en psychologie.Transmettez leur ces notes lorsqu'ils sortiront de la cure qu'ils suivent pour dépression nerveuse.
Je leur conseille la lecture suivante: "Adolescence et psychopathologie par Daniel Marcelli." Ils ne comprendront pas tout mais cela leur fera du bien!
En ce qui me concerne, je vais prendre mon somnifère et mon anti dépresseur quotidiens. Des adolescentes, j'en gère une cinquantaine, alors ...!

jeudi 26 juillet 2012

Joseph KESSEL. L'équipage.

"Ils ne dirent plus rien. Les bruits de l'avenue rendaient plus sensible le silence qu'ils se trouvaient impuissants à rompre. Ils attendirent avec avidité que cet adieu prit fin, que la porte se refermât sur une séparation qui pourtant les déchirait, tellement était intolérable l'instant où, désarmés, ils n'avaient ni la force d'avouer leur angoisse ni celle de feindre.
Jean, surtout, comptait les secondes, ces dernières et lourdes secondes où tout était faux des sentiments exprimés, et le stoïcisme de son père et la vaillance de sa mère, et sa gaieté à lui. Il n'y avait de véritable que la souffrance de ses parents, étale et torpide, et son impatience de les quitter pour ne la plus subir. Il savait que, le seuil franchi, sa tristesse tomberait comme un voile gênant, arraché par la course vers l'action, l'avenir..."

J'ai pris ce livre dans mes mains, lu la première page et il ne m'a plus quitté jusqu'à ce que j'atteigne la dernière ligne. Ah, comme j'aimerais savoir écrire comme Joseph KESSEL. En trois mots, tout est dit. Le talent de l'auteur vous cueille à l'estomac. J'en fus tellement conscient, en cette minute, que je décidai de vous le dire. Comme ça, simplement.

Vous en ferez ce que vous voulez!


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