lundi 15 février 2010

Les raisons pour lesquelles je n'irai plus jamais au Sénégal

J'abonderai ce billet au fur et à mesure de mes loisirs. Vous y trouverez quelques anecdotes sur mon récent séjour à Saly, au Sénégal. Tout ne fut pas désagréable dans ce voyage mais, globalement, je regrette cette dépense. J'y ai trouvé le soleil recherché mais aussi la misère, la poussière et le bruit, surtout le bruit!
Que ceux qui me diront: "Oui mais tu n'es pas allé au Sénégal, tu es allé à Saly, au Paladien les Filaos de Nouvelles Frontières!" gardent leurs arguments! Je sais cela! Et je ne parlerai que de Saly, de sa plage, de ses marabouts, de ses minarets, de ses mendiants. Pour le reste, la brousse et ses villages pittoresques, les réserves où on a laché quelques antilopes et girafes, les villages de pêcheurs bien odorants, je n'y suis pas allé! Je n'ai pas traversé de village dans une file de dix quads pétaradants, je n'ai pas payé 100 € pour photographier les girafes prétées par Thoiry, je n'ai pas assisté au retour des pêcheurs de M'Bour, ni au départ des boats peoples pour les Canaries, de ce même M'Bour! Désolé, je faisais la sieste pour récupérer des nuits d'insomnie! J'étais sur mon transat, protégé des mendiants, des vendeurs et des marabouts par de sympathiques gardiens sénégalais, payés 75€ par mois! Le muezzin me réveillait tous les matins à 6H30 pour me dire que Allah était toujours Achbar et que, éventuellement, je pouvais essayer de me rendormir jusqu'au petit déj de 8H00.

1) L'aéroport de Dakar.

Un voyage à Saly c'est, en moyenne, 2H00 de procédures diverses à Orly, 5H00 d'avion, 2H00 de procédures diverses à Dakar, 3H00 de bus. Même punition au retour, comptez bien, ça fait 24H00! Donc, un septième de vos vacances! Et je n'ai pas compté le trajet depuis chez vous jusqu'à Orly!!

Bon! A deux heures du matin, vous débarquez, les jambes flageolantes de votre Boeing 747. Il fait 25° et vous êtes habillés pour -4°, forcément! Une heure d'attente pour montrer votre carte d'identité à un brave pandore qui met un coup de tampon sur votre fiche de police, sans la lire, et vous arrivez à l'endroit où vous récupérerez vos bagages. La photo ci-dessus est assez réaliste. Le tapis à bagages attend lui aussi.
Beaucoup de forums parlent du tapis à bagages de l'aéroport de Dakar. Nous, nous avons eu la totale!
Deux avions sont arrivés à cinq minutes d'intervalles. Le notre, suivi d'un autre 747. Ca fait beaucoup de bagages. 800 passagers arrivent au contrôle de police, suivies de 800 autres passagers. Rien d'anormal jusque là!
Les bagagistes eux, font leur travail de bagagiste. Malheureusement, ils jettent sur l'unique tapis en état de marche les 800 bagages du deuxième avion. Quand les passagers du premier avion viennent au tapis, ils voient défiler pendant une heure les bagages de ceux qui attendent encore au contrôle de police. Vous suivez? Ca tourne, ça tourne, ça tourne.
Quand les 800 passagers "suivants" arrivent enfin, ils sont derrière les premiers, agglutinés près du tapis! A ce moment là, le tapis rend l'ame!
Imaginez cinquante personnes qui finissent pas monter sur le tapis en panne pour aller récupérer leur bagage à l'endroit où il est bloqué, récupérer aussi ceux qui sont tombés au centre du dispositif! Imaginez les essais de redémarrage du tapis avec les gens, cul par dessus tête, gueulant et tempêtant, les préposés essayant de les faire descendre etc.... C'est l'Afrique!
Deux heures plus tard, mes bagages arrivent enfin.
Encore deux heures de bus, avec un chauffeur sympathique qui nous balance du reggae local, à tue tête, pendant tout le trajet et nous débarquons enfin à Saly!

2) Les oiseaux voleurs.

Juste en passant, comme ça, une petite anecdote amusante. Souvenez vous, nous venons de débarquer à Saly, il est 4H00 du matin, perception des chambres, douche, au lit.
A 6H30, Allah Achbar, Allah Achbar, Allah Achbar est demandé au téléphone! Hein, quoi, qui c'est ce Allah Achbar? C'est un copain du muezzin! C'est quoi un muezzin? C'est un mec qui est copain avec Allah Achbar et qui le demande au téléphone tous les matins à 6H30, puis avec ses copains à lui, il psalmodie une sourate du Coran ou autre chose, dans un haut parleur situé en haut de la mine à raies, pendant une demi heure! A fond la caisse! A là, ah là, ah là, il commence à me les briser menus le muezzin!
Bon, huit heures, et le premier petit déj du séjour. Pas frais le Zabulle, il gagne ,au radar, le buffet "Nouvelles Frontières", sans tomber dans la piscine qui se situe entre la chambre et le resto, premier exploit! J'avoue que les petits déjs sont sympas au paladien "Les Filaos"! Croissants, brioches, petits pains, café, lait à volonté etc... Un point pout NF!
C'est là que se situe la petite anecdote. Premier passage au buffet, assiette de viennoiseries, fromage, pain, retour à la table en bord de resto, dépôt des objets, départ au radar vers les abreuvoirs!
Remplissage des tasses, recherche du beurre, radar vers la table. Et là, surprise, plus de fromage, plus de croissants, plus de pain! Les tables voisines sont hilares, du moins leurs occupants! On dirait un épisode de la caméra cachée!
Bon, le lendemain, nous irons chercher d'abord le café et le lait et nous reviendrons plus tard avec le reste car....... au paladien "Les Filaos", si vous quittez vos croissants du regard, ne serait-ce que cinq minutes, une dizaine de volatiles divers se ruent sur votre table et repartent illico avec les dits croissants, petits pains et même fromages! Faut l'savoir, c'est tout! J'exagère un tout petit peu, mais, sur le coup, ça fait un choc! C'est, au minimum, picoré, bousculé, entamé, pollué et, vous leur donnez le reste car ce n'est plus très apétissant! Cela préfigure sans doute ce qui vous attend dans les "rues" de Saly la bien nommée, avec les enfants mendiants dont je vous parlerai plus loin.


3) La musique sérène.

Saloperie de musique Sérène! Moi, j'aime bien la musique en général, c'est vrai, en sourdine, à des heures normales, assis d
ans un fauteuil et au moment où j'en ai envie mais, de 22H00 à 2H00 du matin, le premier soir de mon arrivée, à fond la caisse, avec des instruments bizarres possédant au moins trois notes chacun, répétées à l'envi, NONNNNNN !!!!!
Avec du papier cul mouillé dans chaque oreille, un oreiller de chaque côté de la tête, la saloperie de musique Sérène passait encore!
A devenir fou!
Bon! Je vous livre une vidéo qui semble coller au calvaire enduré! Encore que là, c'est des bons! Donc, c'est un peu mieux que p
ar les connards de Saly!



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4) Les gosses mendiants.

Quand vous vous promenez dans Saly la bien nommée, vous avez deux solutions, où vous gardez les bras levés vers le ciel, ce qui donne l'impression que vous êtes braqués par vos voisins immédiats, ou vous les baissez. A ce moment là, vous avez un gosse accroché à chaque doigt, ce qui en fait dix, et ce qui rend difficile de se gratter les coucougnettes sans être accusé de pédophilie vu que les dix mains vous accompagnent vers la braguette! Bon, j'exagère un peu, en secouant les doigts on les récupère!
Première chose à éviter pour vous débarrasser de dix gosses, leur donner des sous, car à ce moment là, vous en avez immédiatement 40 de plus! Difficile à gérer!
Ce qui me laisse un peu rêveur, c'est la raison pour laquelle ces gosses mendient. Suivez bien!
Ces enfants ne sont pas forcément orphelins mais, vu la vitesse moyenne de procréation locale, les parents sont vite débordés et décident de confier leurs enfants à un marabout, bout d'ficelle, selle de ch'val etc...
Plus le marabout se voit confier d'enfants, plus il est riche car, il les envoie mendier! Chaque enfant doit ramener au moins 200 FCFA par jour sinon le marabout est à bout, il en a marre et il bout. Et ça cogne! Saloperie de marabout!
Donc, quand vous donnez des sous au gosse, vous nourrissez le marabout, bout d'ficelle etc...
Vous trouvez ça moral vous?
En plus, deux ou trois fois pas semaine, les gosses se cotisent pour louer des hauts-parleurs. Je ne plaisante pas! Ces hauts parleurs, installés dans le village, diffusent à fond la caisse, de 22H00 à 2H00 du matin, une sourate du Coran. J'ai eu droit à deus séances pendant mon séjours et je connais deux sourates par coeur, en arabe!
La première dit:" Les touristes sont des cons, ils m'ont donné des sous et maintenant je les emmerde avec mon haut-parleur, inch Allah!".
La seconde dit: " Les touristes sont encore plus cons que je croyais, ils m'ont encore donné des sous, Allah Achbar et le toubab est petit!".
Heureusement, la pharmacie locale a fait venir des boules Quiès de Dakar et j'ai niqué les hauts-parleurs, Zabulle Achbar et, à la fin du séjour I s'barre!

5) L'école coranique.

L'école coranique est un édifice en tôle ondulée, du plus bel effet architectural, dans lequel les enfants apprennent, chaque jour, les sourates du Coran. Elles sont subventionnées par l'Arabie Saoudite et les meilleurs élèves iront dans ce pays, terminer leurs études. Au retour, ils ouvriront, à leur tour, des écoles coraniques.

6) Le marché aux poissons.


Les étals du marché au poisson n'ont pas encore reçu les vitrines réfrigérées chères à nos législateurs européens. Le poisson est déposé sur des claies en bois, ou à même le béton, et reste au soleil toute la journée. Le soir, on met un morceau de jute sur le tout et le lendemain on enlève le morceau de jute. Au bout de plusieurs semaines le poisson a changé d'aspect. Ce que vous voyez sur les poissons ce sont bien des mouches!

Quand on dit à un Sénégalais:" Vous mangez ça?!", il répond: "Vous mangez bien du camembert !!".

7) Les barmen de Saly.

Dès que vous faites trois pas dans Saly la bien nommée, vous êtes abordé par tous les sénégalais mâles que vous rencontrez. La phrase rituelle est "Bonjour mon ami, tu ne me reconnais pas? Je suis le barman de l'hôtel, je t'ai servi un apéritif hier soir, tu vas me vexer!".
Au premier tu t'excuses! "Ben non, je viens d'arriver, je ne t'avais pas reconnu!". C'est vrai quoi, il serait capable de te mettre un grigri dans ton pastis du lendemain le bougre!
Au second tu te dis "Tiens, tiens!". Au cinquantième tu lui dis "Fais chier connard! ".
L'autre phrase est: "Tu vas bien venir me serrer la main! tu ne vas pas me vexer quand même !". Le premier, tu rentres dans sa boutique pour lui serrer la main, brave toubab que tu es! Quand tu sors de la boutique un quart d'heure plus tard avec douze paréos et deux boubous, et que le suivant te dis:
"Tu vas bien venir me serrer la main! tu ne vas pas me vexer quand même !" tu réponds, comme moi, "Si, si, je vais te vexer connard!".
Ci-dessous la dame qui m'a demandé de regarder la photo d'elle que je venais de prendre. Pour cela je suis rentré dans la boutique ......... C'est con un toubab quand même !

8) En guise de conclusion provisoire.

J'ai exagéré, il y a des choses sympas au Sénégal:

- Les vrais barmens de Nouvelles Frontières et leurs cocktails.
- Les animateurs
de Nouvelles Frontières.
- Les gardes de Nouvelles Frontières qui sont assis sur une chaise de 20H00 à 8H00 chaque nuit, devant les chambres, pour 75 € par mois.
- Les repas
de Nouvelles Frontières.
- Les piscines
de Nouvelles Frontières.
- Les transats
de Nouvelles Frontières.
- Les boutiques
de Nouvelles Frontières.


Les couchers de soleil sur la plage de Nouvelles Frontières.
Le jour du départ
de Nouvelles Frontières.
Les cloches de mon village.

Comme d'habitude, mes chers lecteurs, je me suis laissé aller à l'outrance. Certains me diront que c'est ce qui fait mon charme! Je les trouve bien indulgents! Cela permet surtout d'être un peu plus "rigolo"!
Pourtant, lorsque je reçois des commentaires tels que ceux de Yvestoubab, j'ai presque honte d'avoir cédé à la facilité. Il me parait, en effet, évident que le Sénégal est autre chose que ce qui peut transparaitre dans mes anecdotes!
Aussi, je vous invite maintenant à aller voir le site de ce sympathique habitant de Saly qui, loin de m'envoyer une volée de bois vert, après lecture de mon billet, a très intelligemment commenté mes errements.
http://www.salysenegal.net/
Et pour terminer sur une note d'optimisme, loin de toute polémique, avec cet espoir chevillé au corps que nos petits tracas, petits bobos, nos flatulences et nos contrepèteries, nos contre-performances et nos contre-ut, nos coïtus interruptus et nos éjaculations précoces peuvent trouver remède, je vous livre ces adresses utiles, confiées par gemousse:

Ci-dessous quelques photos personnelles


6 commentaires:

yvestoubab a dit…

Dommage, vous avez raté LE Sénégal

ZABULLE a dit…

Yvestoubab a raison, je n'aurais pas du me laisser aller à un séjour à Saly. C'est le pire moyen de vraiment connaitre le Sénégal! J'admets, par ailleurs, que les sénégalais sont des gens vraiment sympathiques.

yvestoubab a dit…

Pas de problème, amoul solo! S'il devait y avoir une prochaine fois, inch Allah, je vous parie une Gazelle et une Flag que vous apprécierez...sauf si vous retournez dans ces conditions :-)))
Yves
webmaster www.salysenegal.net

ZABULLE a dit…

Comme d'habitude, mes chers lecteurs, je me suis laissé aller à l'outrance. Certains me diront que c'est ce qui fait mon charme! Je les trouve bien indulgents! Cela permet surtout d'être un peu plus "rigolo"!
Pourtant, lorsque je reçois des commentaires tels que ceux de Yvestoubab, j'ai presque honte d'avoir cédé à la facilité. Il me parait, en effet, évident que le Sénégal est autre chose que ce qui peut transparaitre dans mes anecdotes!
Aussi, je vous invite maintenant à aller voir le site de ce sympathique habitant de Saly qui, loin de m'envoyer une volée de bois vert, après lecture de mon billet, a très intelligemment commenté mes errements. http://www.salysenegal.net/

yvestoubab a dit…

Ah! ça c'est drôlement sympa! Vous méritez une seconde chance...au Sénégal! :-)))

Catherine Ride a dit…

Je compatis à tes malheurs, mon cher Zabulle, mais tes articles ont remué le fer dans la plaie encore vive de mes souvenirs.
Je ne retournerai jamais à M'Bour, ni à Sally, ni même à Dakar (où j'ai aussi vécu plusieurs années), pour d'autres raisons...

Je ne vais pas vous conter longuement mon M'Bour à moi, celui où mon frère est né, celui de mon enfance où le tourisme des toubabs n'avait pas encore renvoyé dans la brousse les lépreux que mon père et ma mère accueillaient et soignaient, les lépreux qui venaient s'installer autour de notre "modeste case" de bord de mer, lorsqu'il n'y avait plus de place dans la léproserie (c'est Raoul Follereau qui le dit dans un bel hommage à cet homme qu'il appelait "le patriarche" (j'ai réalisé il y a peu que le patriarche en question avait à l'époque...25 ans !).
A cette époque les pêcheurs partaient en mer pour pêcher et ne rêvaient pas d'Eldorado européen, si certains se noyaient ce n'était pas parce que des passeurs véreux les obligeaient à plonger en pleine mer. La plage leur appartenait, pas d'hôtels, pas de transats, pas de gardiens, les enfants étaient partout chez eux et apprenaient la sagesse à l'école des anciens.
A cette époque, ma mère nageait avec les tortues marines et nous rapportait coquillages et langoustes.
Quelques marches de bois à descendre et nous courrions vers les pirogues de retour chargées du poisson frais qui faisait quotidiennement notre repas, le plus souvent offert par reconnaissance en échange de soins dispensés. Mes nuits étaient rythmées par le son des balafons et le chant des femmes.

C'était il y a bien longtemps. J'ai vu mon père pleurer de voir dans les années 70 tant d'investissement humain réduit à néant en quelques années.

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