vendredi 11 décembre 2009

La ballade irlandaise par la chorale Dalmare canti

Quelques chants de la chorale Dalmare canti sont sur You Tube.
Il suffit de faire la recherche "Dalmare canti" pour les avoir toutes.

Vous pouvez, également, aller sur le blog http://dalmarecanti.blogspot.com/

mercredi 9 décembre 2009

La grande galère des professeurs

Je vous retranscris, in extenso, un article du Monde du 3 décembre 2009 que m'ont fait parvenir les deux garrots (de cheval). Merci vous deux!

Témoignage

Pas simple de gérer sa classe lorsqu'on est une "prof de passage". Véronique Pot a 29 ans. Elles enseigne le français. C'est sa cinquième année de remplacement. Témoignage de sa dernière mission.

Après la Toussaint, me voilà dans le Val-d'Oise. Lundi, mes élèves de 4° rentrent au compte-goutte. Certains arrivent par grappes, en se catapultant contre la porte d'entrée de la salle de classe, qui s'ouvre sous le choc. Ils jettent leur sac, changent deux ou trois fois de place, continuent à parler comme si je n'existais pas, ne daignent pas sortir feuille, ou stylo. Un élève cherche à rouler une pelle à sa copine du moment, fait semblant d'être étonné que je lui demande des comptes. Un autre petit couple se tripote assidûment sous la table.
Une gueulante. Les élèves s'assoient, mais n'arrêtent pas de s'interpeller. Une élève remarque mon désarroi et sourit, à pleines dents "Elle va chialer!". Comme je rétorque vertement, ce n'est pas encore la curée.
En sortant, je dois avoir l'air hagard car un élève de la classe me dit: "Vous inquiétez pas, madame, ils sont comme ça avec tout le monde;3 Un autre a vu que je boitais, et me demande avec bienveillance ce que j'ai. C'est ça qui manque de me faire pleurer.
Mardi, le deuxième cours avec eux est à l'avenant. Comme je me plais en salle des profs, on me dit qu'il y a pire ailleurs. Ici, les profs tiennent le coup "en attendant des points".
Jeudi et vendredi, je prends un carnet. "Madame, vous êtes sûre, vous voulez me mettre un mot?". Menace à peine voilée, qui sera réitérée le lendemain. Une exclusion de cours est impossible, l'équipe de vie scolaire est débordée, et on me l'a expressément interdit.
Week-end infernal. Leurs tentatives d'intimidation commencent à fonctionner. Je pense à eux tout le temps. J'essaie d'imaginer des stratagèmes, je refais les cours, en plus simple, toujours plus simple, des leçons "à trous" pour éviter d'avoir à écrire au tableau, car leur tourner le dos est souvent source d'agitation , de jets d'objets.
Le lundi suivant, comme j'attends le silence depuis vingt minutes, mon cours leur manque en bruit de fonds. Ils sont gênés. "Madame ça s'fait pas, continuez à parler, vous écoutez pas nos conversations!". Alors que je m'avance dans l'allée pour chercher à capter leur attention, R. s'aperçoit que je boite légèrement. "Ouah, elle boite, elle s'est fait enculer ou quoi?". J'hésite entre découragement et rage. Je lui demande de répéter. S. peut-être pour détourner l'attention, m'accuse d'avoir peur de R. de faire semblant de ne pas entendre des réflexions. Je file directement dans le bureau de la principale adjointe. Je fais un rapport. Je ne sais pas jusqu'où ils sont capables d'aller. La principale m'assure que la violence physique contre un prof advient seulement quand le prof est méprisant. J'espère que les élèves sont au courant de cette règle. La principale finit sur cette petite touche d'humour édifiante:"Vous savez, un de nos collègues s'est fait tabasser, il a eu une très bonne mutation".
Une semaine, jour pour jour aprèsma rentrée dans cet établissement j'en appelle au gouvernement. Il faut agir. Il faut des profs, oui, des profs, mais pas n'importe lesquels, et pas dans n'importe quelles conditions.
*
Et ce sont des élèves de 4°!!!!
Cliquez sur cette image pour accéder à une étude du problème de vousnousils.fr

Je vais enfoncer une porte ouverte mais, je le dis quand même: "Au lieu de s'occuper de la citoyenneté, des cendres d'Albert Camus, et du grand emprunt auprès des banques, nos hommes politiques ne devraient ils pas mettre un peu les mains dans le cambouis, pour ne pas dire dans la merde?"


Voir également sur ce sujet l'excellent site: http://cpe.paris.iufm.fr/spip.php?article510

jeudi 3 décembre 2009

Michel ONFRAY Nicolas SARKOZY Albert CAMUS

Je relaie, comme des centaines d'internautes, la lettre de Michel ONFRAY publiée dans "Le Monde" du 24 novembre 2009.
Ce que je ne comprends vraiment pas, dans cette nouvelle "affaire", c'est l'inconscience des conseillers de Sarkozy, capables de l'envoyer dans un tel couloir d'avalanches. Ce que je ne comprends pas, c'est la puérilité (je ne trouve pas d'autre mot) du président, qui fonce tête baissée dans le traquenard!
Sont vraiment pas doués les conseillers du petit!
A moins que ....!?
*
Et s'ils le faisaient exprès les salauds!
*


Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d’accueillir les cendres d’Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son œuvre et qu’une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l’éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l’histoire sans jamais commettre d’erreurs : il n’a jamais, bien sûr, commis celle d’une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s’engager pour combattre l’occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s’est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l’Ouest pour l’estimer totale à l’Est: il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

Camus fut l’opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d’autres se révélèrent si petits.

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l’instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d’origine en devenant, par la culture, les livres, l’école, le savoir, celui que l’Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé. » Dès lors, c’est à La Princesse de Clèves que Camus doit d’être devenu Camus, et non à la Bible.De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l’américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d’une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d’autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.

Savez-vous qu’Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c’est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu’il n’ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l’argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l’impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande « une vraie démocratie populaire et ouvrière », la « destruction impitoyable des trusts », le « bonheur des plus humbles d’entre nous » (Œuvres complètes d’Albert Camus, Gallimard, « La Pléiade », tome II, p. 517) ?

Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, « désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit », et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n’a cessé de
célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L’Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive -une perversion sartrienne bien ancrée dans l’inconscient collectif français… -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le « syndicalisme révolutionnaire » présenté comme une « pensée solaire » (t. III, p. 317).

Est-ce cet Albert Camus qui appelle à « une nouvelle révolte » libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la « forme de la propriété » dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n’est pas une exception, c’est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : « Le pouvoir rend fou celui qui le détient » (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l’anarchiste, le libertaire, l’ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d’Etat qui s’illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l’emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d’ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l’occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité. Camus parlait en effet dans L’Homme révolté de la nécessité de promouvoir un « individualisme altruiste » soucieux de liberté autant que de justice. J’écris bien : « autant que ». Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c’est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c’est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c’est l’Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d’âme ; la justice sans la liberté, c’était l’URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l’incarnation souveraine, n’est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd’hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n’est guère question de liberté ou de justice… Ces filles et fils, frères et sœurs, descendants aujourd’hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d’Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu’aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?

Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu’elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé « La condition ouvrière » qu’il fallait faire participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national » (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate…

Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l’intelligence contre les partisans du sang de
l’armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c’était par défaut : Albert Camus n’a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru – pourvu qu’elle soit morale.

Comment comprendre, sinon, qu’il écrive dans L’Express, le 4 juin 1955, que l’idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l’opportunisme des totalitarismes du moment et qu’elle « réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté » (t. III, p. 1020) – ce qui dans L’Homme révolté prend la forme d’une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien… Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n’est pas la critique de tout le socialisme, loin s’en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l’hégémonie d’un seul.

Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza – la seule tombe qu’il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin… Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l’efficacité de son exemplarité (n’est¬ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.

Donnez-nous en effet l’exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu’au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n’entendez pas mener une politique d’ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l’action politique à l’amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire…

A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d’un Camus au Panthéon, qu’à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n’aura pas été opportuniste, autrement dit, qu’elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu’en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l’origine d’une authentique révolution qui nous dispenserait d’en souhaiter une autre. Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.

mercredi 2 décembre 2009

Stand By Me | Playing For Change | Song Around the World

Un ami m'a fait découvrir ce petit chef d'oeuvre.

jeudi 26 novembre 2009

mardi 24 novembre 2009

Jean-Louis PESCH et la Bête du GEVAUDAN

Il est des rencontres qui marquent une vie! Je suppose que les bergères et bergers, ceux qui ont croisé la route de la Bête, ne me contrediront pas! J'ai rencontré des imbéciles, pas forcément bêtes d'ailleurs, mais je n'en fus pas mordu. Certes, la semaine dernière, le chien de mes voisins a mordu la main que je lui tendais mais, en l'occurence, c'est moi qui fut bête de la lui tendre et lui ne fut pas tendre avec mes doigts, je dois bien le reconnaitre.
Depuis quelques semaines, je rencontre régulièrement Jean-Louis PESCH, le célèbre auteur de la bande dessinée "Sylvain et Sylvette". Jean-Louis a élu domicile dans le Haut-Anjou, pas loin de chez moi et je suis allé toquer à sa porte. Avec mon idée derrière la tête, j'avais l'air de ce que j'étais, un solliciteur. Les idées derrière la tête ne forment pas une auréole, comme celle des saints, mais donnent un air de casse-pied.
Dans la cour il y avait le grand loup noir, l'un des quatre compères, fort aimable ma foi puisqu'il ne s'agit, en fait, que d'un brave chien. Il m'accueillit fort courtoisement. Je ne vis pas les autres compères.
Je venais solliciter, en cette demeure, la collaboration du dessinateur pour la réalisation d'une plaquette promotionnelle. L'office de tourisme du Haut Anjou voulait faire connaitre le bois de mon village et inciter les écoles de la région à y amener leurs classes. Immédiatement, Jean-Louis PESCH a adhéré à cette idée et le bois est devenu LE "LIEU" où Sylvain et Sylvette ont vécu leurs nombreuses aventures. Les deux gentils personnages ont investi les frondaisons, installé leur âne, leur chèvre, leurs poules au creux des sentiers où, rapidement, ils ont eu à se garder des quatre compères. La magie de cette bande dessinée a agi et le bois ne nous appartient plus. Il appartient désormais aux enfants.


La plaquette

Je dois dire, en passant, que les moins ravis ne sont pas les quatre autres compères de cette aventure. Je désigne ainsi quatre élèves du lycée agricole Edmond Michelet qui oeuvrent à la réalisation de cette plaquette dans le cadre de leur "mémoire" annuel. Ils en sont, en quelque sorte les coauteurs. Ils ont élaboré les textes, orienté le dessinateur, déterminé les domaines à éclairer avec l'enthousiasme qui sied à leur jeune âge. Je vous les présenterai dans un futur billet.
*
Bon, me direz vous, mais quel est le rapport avec la Bête? Zabulle, tu nous allèches avec la promesse d'égorgements bien sanglants, d'éventrations à la londonienne, d'effrois excitants et tu nous parles de Sylvain et Sylvette.
Oui, oui, j'y viens.

Jean-Louis est un protecteur intransigeant des animaux, défenseur des loups du Mercantour, des ours des Pyrénées, des tigres du Bengale et des bengalis du Tigre. Il fréquente même Allain Bougrain-Dubourg, c'est tout dire! Aucun de ses personnages qu'il soit humain ou animal n'est méchant. Ni blessures, ni estropiements ne viennent jamais punir les facéties des compères.
Pourtant, en 2005, il a publié "La bête du Gévaudan" aux éditions De Borée. C'est un livre magnifique, avec des dessins superbes, un souci incroyable du détail et de la vérité. Mr PESCH lui a consacré près de 18 mois de travail, de visites sur place, de consultations d'archives. Les paysages sont authentiques, les fermes sont typiques, les costumes étudiés sur des documents d'époque. Bref, le perfectionnisme de cet auteur transparait dans chaque page de l'ouvrage et c'est tout à son honneur.

J'ai interrogé Jean-Louis sur les raisons de cet "écart de conduite". La réponse fut celle d'un vrai philosophe. En gros, il est malséant d'inventer l'horreur dans un ouvrage de fiction mais, quand il s'agit de rendre compte de faits réels, il faut agir en historien. La bête du Gévaudan a bien existé, elle a croqué une centaine de malchanceux, difficile de faire de cette histoire une bluette.

La vraie question est la suivante: Ces loups étaient ils plus féroces que certains acteurs du drame? Je cite Monseigneur de Choiseul-Beaupré, évêque de Mende "...pères et mères qui avez la douleur de voir vos enfants égorgés par ce monstre que dieu a armé contre leur vie, n'avez vous pas lieu de craindre d'avoir mérité par vos dérèglements que dieu les frappe d'un fléau terrible?". Ben tiens, les mécréants! Je suis certain qu'ils n'y avaient même pas pensé.

Le résultat de ce joli prêche fut que beaucoup d'attaques furent gardées secrètes par les proches des victimes. Ils craignaient l'amalgame...


Jean-Louis dédicaçant son livre

Au fait, je vous propose un jeu:
Quelle est notre bête du Gévaudan actuelle?

Le SIDA?
La grippe A?
Le réchauffement de la Terre?
Les tempêtes?
Les tsunamis?

De toutes façons, bande de mécréants, je vous soupçonne de ne pas assez prier le grand ectoplasme!


mercredi 4 novembre 2009

Arnaque organisée à Paris

**

J'ai vaguement l'impression de m'être fait arnaquer par la police nationale. C'est plus qu'une impression, une inquiétude! Est-il possible que nos braves pandores, en bande organisée, soient mandatés par la préfecture de Paris pour faire du chiffre? Pire encore, des responsables de la police sont ils capables de prendre des initiatives à la limite de l'abus de pouvoir?
Jugez en:
Vendredi, sortant du périphérique au niveau de la porte d'Orléans, je retrouve les joyeux encombrements des rues parisiennes. Les voitures, autobus et camions avancent cul à nez, et nez à cul, vers la fameuse porte. Pour couronner le tout des travaux sont en cours, deux grues sont à l'oeuvre et la pagaille est indescriptible.
Coincé entre deux voiture, un autobus et un camion, je ne sais plus trop où je suis. Je viens de passer un feu vert, j'avance dix centimètres par dix centimètres dans un univers sans repères et sans visibilité.
Enfin, une dizaine de gardiens de la paix semblent vouloir s'occuper du problème. Ils font signe aux voitures de tourner à gauche dans une voie dégagée. De bonne grâce, j'accepte de sortir de la bonne direction en me disant que je retrouverai la bonne route plus tard.
A ce moment là, une pandore féminine, du genre choisi sur casting, se penche à ma portière. Je baisse ma vitre et j'entends: "Vous savez pourquoi je vous arrête?".
"Ben, non, évidemment". "Encombrement de carrefour!" qu'elle me répond l'actrice de cinéma.
Je réponds: "Vous plaisantez?". Ben non, elle plaisante pas et, comme il lui reste une dizaine de feuillets sur son carnet à souches et que l'heure de l'apéro approche, j'ai droit au PV.
Notez bien que toutes les voitures à qui on a demandé de tourner à gauche ont droit au PV. Ca prendra même une demi heure pour verbaliser tout ça malgré la présence d'une dizaine de résultats de casting policier.
J'aimerais savoir combien de malheureux ont eu droit à cette arnaque? Il fallait voir l'étonnement de tous ces lauréats de la loterie policière. Je suis certain qu'au moins une centaine d'automobilistes ont eu droit à cette flagrante injustice! A 90 Euros le pigeon, ça en fait de l'oseille récoltée!
D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi le maire de mon village n'utilise pas cette arnaque pour renflouer les caisses du bourg. Il suffit de mettre une grue en travers du carrefour des amourettes, trois quatre pandores aux aguets, et hop, encombrement de chaussée sur dix kms. Si en plus il y a deux ou trois parisiens dans la file le plaisir en sera décuplé!

mardi 3 novembre 2009

Le chat de Geluck

Moi qui ne suis, tout au plus, qu'un vieil homme sautillant de certitudes erronées en incertitudes avérées, j'admire le chat de Geluck, placide et stable sur ses pattes.
Petit clin d'oeil aux bigarreaux en passant. Comme ces cerises dont on décore les oreilles de nos enfants, au printemps, ces bigarreaux là ont mon oreille en toute saison... Comprenne qui pourra!

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