mercredi 30 juillet 2008

Siné

L'affaire Siné, viré de Charlie Hebdo, a la tristesse de ces querelles de famille qui dégénèrent au point de diviser plusieurs générations. On constate que c'est Libération qui s'adonne au lynchage le plus féroce du dessinateur, excommunié par un petit humoriste de deuxième zone, propriétaire de son canard, Philippe VAL.

La liberté d'expression vient encore d'en prendre un sacré coup!

Siné avait écrit:

"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !".

Certes, c'est un peu près du précipice mais, Coluche en a dites de plus limites et certaines caricatures étaient, somme toute, plus injurieuses.

Essayons autre chose:

" ..... se convertir au catholicisme avant d'épouser sa fiancée, enfant naturelle du pape Jean Paul 2, ...."
" ..... se convertir au boudhisme avant d'épouser sa fiancée, enfant naturelle du Dalaï lama..."
" ..... se convertir à l'Islam avant d'épouser sa fiancée, née en 1979, à Neauphle-le-Chateau...."

Il fera du chemin dans la vie ce petit!

Bon, est ce que Siné aurait été viré ? Je ne crois pas. Siné n'aime pas les religions, en général, et s'il déplait à certains petits potentats de la presse c'est qu'il continue à dire ce qu'il pense, à une époque où il semble urgent de rentrer dans le fourretout.

Il ne reste plus qu'à attendre de connaitre le journal qui va l'embaucher pour y transférer nos économies sur l'abonnement à Charlie Hebdo.


mardi 8 juillet 2008

L'eumétrie du porc-épic


Mon ami Michel ONFRAY, qui ne sait pas qu'il est mon ami, aborde dans "Le pur plaisir d'exister" la notion d'eumétrie.
Je vais essayer de résumer cette notion sans le trahir et en le paraphrasant parfois:
L'eumétrie est, en quelque sorte, la distance idéale à établir entre deux personnes pour qu'une relation affective, amicale, amoureuse, puisse s'installer de manière pérenne et agréable.
Ni trop près, ni trop loin, l'image la plus parlante étant que nous sommes tous des sortes de hérissons (Schopenhauer) et qu'il est donc important de respecter les distances pour qu'un commerce reste agréable.
Le modus operandi de toute relation devrait donc être une attention soutenue, presque une tension, pour donner les signes d'amour, d'amitié, d'affection propres à pérenniser la réciprocité de ces sentiments sans devenir pesant, importun.
Sinon, la sanction de nos erreurs sera l'évincement, le rejet, la grippe, l'enfer de Sartre.
Et les fleurs, le jour de la fête des mères, le bracelet, le jour de la Saint Valentin, ne sont que les contre signes de cette "méthode", les cautères employés par les insouciants.
Tout se passe comme ci nous étions tous au centre de cercles concentriques et éthiques, au contact des cercles éthiques de nos proches. Le "jeu" consiste à faire en sorte que tous ces cercles
s'entrecroisent harmonieusement, dans un mouvement perpétuel mais maitrisé par la conscience que nous en avons, par le souci d'en trouver l'idéale eumétrie.

J'en viens à des réflexions plus personnelles.
On peut observer la perversion de cette éthique de vie dans l'utilisation frauduleuse qu'en font certaines personnes. Lorsqu'un artiste utilise la vieille technique qui consiste à dire à une salle entière: "je vous aime!", j'estime que c'est une tricherie, une ruse malhonnête. On ne peut pas aimer une salle entière. Ses cercles éthiques devraient s'écrouler immédiatement sous le poids des moutons de Panurge qui se précipitent dans son enclos, fascinés par cet appel démagogique et tactique.
Lorsque la colombienne Ingrid Betancourt crie son amour à l'ensemble des français, elle encombre aussi ses cercles éthiques d'une masse d'importuns, de beaufs, de cons, près à s'enflammer pour cette nouvelle idole offerte à leur adoration. Ils l'abandonneront bientôt pour la prochaine idole offerte à leur adoration par les télévisions, ce sera un footballeur, un tennisman, un quelconque people poussé sous les feux de la rampe, donné en pâture à la meute des aficionados avides de sang frais. Ses cercles éthiques sont pourtant déjà bien encombrés par ce dieu qu'elle vénère, la vierge Marie et le pape. Où était il au fait son dieu, pendant six ans et demi?

Bon, on va encore me taxer d'agressivité. Tant pis, je suis sans doute plus porc-épic que hérisson
signifiant en cela que mes aiguilles sont un peu plus longues que chez les autres. Mais après tout, quelques centimètres suffisent pour retrouver le confort idéal de mon côtoiement.

mercredi 11 juin 2008

Coeur blessé

Un jour ou l'autre, tous autant que nous sommes, nous avons massacré un coeur jusqu'à lui donner l'aspect de l'illustration ci-dessus. Le pire, c'est que, la plupart du temps, ce coeur appartenait à un être aimé. Or, nous ne sommes pas, loin s'en faut, des virtuose des opérations à coeur ouvert qui permettraient de soigner ces blessures.
Alors, nous devenons des spécialiste du cautère sur un coeur qui n'est pas de bois, contrairement à la jambe de l'expression bien connue.

vendredi 6 juin 2008

Les impôts

Sans commentaires

samedi 31 mai 2008

Les marches et chansons militaires


Mes chers amis, vous voudrez bien me pardonner mais j'ai toujours eu un faible pour les marches militaires. Entendez moi bien, je ne parle pas "du fait de marcher" mais des musiques qui accompagnent les défilés de nos guerriers.
Lorsque j'étais enfant de troupe (voir sujet précédent) je faisais partie de la fanfare de l'école. Je jouais du saxo ténor. Au début, cet instrument était presque aussi grand que moi et j'avais bien du mal à le porter dans les rues du Mans.
Une petite anecdote en passant, huit jours après avoir opté pour cet instrument et alors que j'avais bien du mal à en sortir le moindre son, je faisais nombre au cours du premier défilé de la fanfare. On m'avait mis au milieu du dispositif et je faisais semblant de souffler dans l'engin. Au moins je ne faisais pas de fausses notes.
Sept années de suite, j'ai défilé sur le circuit des 24H du Mans, en ouverture de la course. Nous jouions, invariablement "La marche consulaire" et c'était assez émouvant. Puis on nous libérait dans les gradins et nous profitions du départ des voitures avnt d'être regroupés pour le retour à l'école. Combien de défilés également, dans les rues de la capitale sarthoise, je ne saurais le dire.
A vingt ans je jouais dans l'orchestre de l'école. Nous nous produisions dans des bals militaires et je commençais à bien me débrouiller. Tangos, valses et marches ne sont plus que des souvenirs. J'ai rangé le saxo et ne sais plus en jouer. Dommage.

*******

Il n'y a pas que les militaires qui jouent des marches. Tiens écoutez donc Schubert:

http://www.youtube.com/watch?v=Ml7ZleYolro

Un petit coup de Barry Lindon pour bien comprendre à quoi ça sert, une musique bien martiale. Ben oui quoi, ça entraine la chair à canon vers les balles. Sinon ils n'iraient pas se faire tuer les bougres!

http://www.youtube.com/watch?v=qfvCjLgbpy0&feature=related

Et puis, parler des marches militaires sans passer par l'Allemagne ce serait comme parler des saucisses sans aller à Strasbourg. Alors, ben ils sont sacrément doué nos amis teutons:

http://www.youtube.com/watch?v=d_D1mYBBHgM&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=r2RJRbL-4DQ&feature=related

Mais, merde, en chantant comme ça ils ont fini par marcher jusqu'à Paris derrières leurs chars et ça c'était moins drole:

http://www.youtube.com/watch?v=yWtZNLIwkA0&feature=related

Alors les américains ont appris une nouvelle marche et ils sont venus la chanter en Normandie:

http://www.youtube.com/watch?v=zpTZmVzvcYA&feature=related
Et les russes sont venus faire des calins (kalinka?) par l'autre bord
Ecoutez ça aussi pour le fun: http://www.youtube.com/watch?v=2RQCFUSIIUE

Quant à nos petits gars, après ça, ils sont allés chanter en des lieux exotiques et cela n'enlève rien à leur bravoure:

http://www.youtube.com/watch?v=y45JlsLuGrI
Moralité
Et si on se contentait de duels en chansons?





jeudi 29 mai 2008

Ma jeunesse

Je me propose, en vous livrant la vidéo ci dessus, de vous montrer quelle fut ma jeunesse. Entendons nous bien, je ne cherche pas à me faire plaindre. Pourtant, à 13 ans, mes parents m'ont mis en pension dans une école militaire et je n'en suis sorti qu'à 20 ans. Pendant les 7 années passées dans les murs de l'EMPT du Mans, j'ai été, neuf mois sur 12, coupé de la vie extérieure, celle qui se déroulait derrière les hauts murs de l'école. J'ai été en butte à des tracasseries militaires qui ne correspondaient pas à mon âge, j'ai été puni, privé parfois de vacances, j'ai pris des claques, des coups de pied au cul, j'ai défilé dans les rues de la ville, sortant de l'école dans les rangs d'une troupe en cadence et rentrant deux ou trois heures plus tard, avec cette même troupe, par le même portail de fer, sans avoir quitté l'asphalte et les pavés, sans avoir eu le moindre instant de liberté.
Bien sur, à partir de la seconde, j'ai pu sortir avec les copains, le dimanche, de 14H00 à 18H00, en uniforme. Avec Jules et Gaston, nous allions acheter un gâteau et boire une limonade, plus tard un blanc cassis, aux alentours de l'école. Mais notre pécule était bien maigre et il me semble que nous ne savions pas trop quoi faire de ces instants de liberté.
A partir de la classe terminale, nous avons eu des permissions de minuit. Nous avons alors couru après les filles, mais nous avons aussi couru pour repasser les grilles avant l'heure fatidique. Un retard nous obligeait à faire le mur dans le sens entrant, avec des risques identiques à l'autre sens. En fait, à 20 ans, je n'avais rien sauté d'autre que ce mur...
Et donc, à 20 ans, je suis sorti de l'école aussi vierge que le jour où j'y étais entré. Notez bien, ce n'était pas grave et je me suis ensuite rattrapé...
Donc, visionnez cette vidéo. Vous y verrez des enfants en longues capotes. Il y est dit que beaucoup de ces enfants seraient ensuite médecins, officiers, ingénieurs. Pour en arriver là, ils ont perdu de grands pans de leur jeunesse, mais il faut reconnaitre qu'elle fut ainsi protégée des tentations. Je n'ai pas de tristesse pour cette époque. Je ne suis pas un Enfant Malheureux Pour Toujours (EMPT). Je suis juste un APFH, un Adulte Pas Forcément Heureux.

Cette très courte vidéo pourrait illustrer, en un saisissant raccourci, ce que fut ma jeunesse.


La vidéo en deux mots

En 1959, j'ai 13 ans, "encapoté" de bleu, au pas derrière un capitaine et deux juteux, je défile au pas cadencé dans la cour le l'école. Dans une minute cette cohorte d'enfants de troupe franchira le portail pour une exhibition publique dans les rues du Mans. Dans deux heures, elle franchira le portail dans l'autre sens, n'ayant eu de la liberté que de fugitives images.

En 1966, j'ai 20 ans, "encapoté" de bleu, au pas derrière un capitaine et deux juteux, je défile au pas cadencé, etc... Au lieu d'un beret, c'est un calot que j'ai sur la tête, signe d'une prochaine libération. Fin juin, je quitterai cette école après sept années de pas cadencé.

Après cela, étonnez vous que je sois un peu braque, que je n'aime pas trop marcher, même sans cadence, que je sois quelque peu individualiste, que j'aie parfois besoin d'isolement.

Etonnez vous!

dimanche 18 mai 2008

Un extraordinaire compteur

Merci, les Bi Garreau...
Pendant que vous lisiez cette simple phrase, il y a eu 20 naissances sur la terre.
Dans le même temps il n'y a eu que 9 décès!
Imaginez un compteur instantané qui indiquerait, seconde par seconde, l'évolution d'un panel de chiffres tels que la population mondiale, les ordinaterus construits, l'energie consommée...
Eh bien, cela existe et vous serez impressionnés si vous allez sur le site:
http://www.worldometers.info/fr/

La politique spectacle. Appelez moi Roxane ...

Relisant des passages du "Cyrano de Bergerac", d'Edmond Rostand, je faisais un amusant parallèle entre la scène du jardin et les discours politiques. Je m'explique...
Roxane succombe, à priori, au désir d'un corps jeune, doux, séduisant, sans se soucier de l'esprit abrité par cette enveloppe charnelle. Or Christian n'est, en quelque sorte, qu'un soudard dont la prime victoire serait de faire basculer ce corps féminin après un minimum de siège.
Or, la jeune femme ne consentira à l'étreinte que si le ramage du militaire est en accord avec son plumage.
Cyrano se charge du verbe, en se cachant dans un buisson et en distillant à Christian les mots dont il a besoin pour séduire la belle. Les lettres que lui envoie Christian, lors du siège d'Arras, sont également de la main de Cyrano. Elles déclenchent un tel amour que Roxane comprend, et renie, son premier élan.
Il faut bien , ensuite, que Cyrano meure, pour garder à la pièce son aspect cornélien et ne pas tomber dans "Bienvenue chez les Ch'tis". Et puis, chacun sait que "Après les mots, les maux. L'amour dure tant que les mots suffisent. Ensuite, l'entropie commence et avec elle les oeuvres de la mort déguisée." (Michel ONFRAY)
Bon! Mais Sarko alors?
Ben, c'est pareil! Quand notre Nicolas, qu'on croyait rhéteur de génie, nous lit un discours, il est de la plume d'un des nègres cachés sous l'estrade. Vous n'avez pas remarqué l'air ahuri qu'il prend quand, au détour des phrases, il découvre les énormités qu'on lui fait dire. Regardez aussi la tronche de Borlo et de Mam pendant le discours sur la politique de civilisation. Sidérés qu'ils sont. Ils n'y comprennent rien.
C'est tellement vrai que Nicolas demande désormais que ses discours lui soient remis cinq jours avant qu'il ne les prononce. Il en était venu (Toulouse) à prononcer des discours dont la fin ne lui avait pas encore été remise! (Ca ne vous rappelle pas le jardin ça?)
Il n'en est pas encore à les rédiger lui même !!!!
Donc, en résumé:
Le métier de Président de la République peut être assimilé à celui d'acteur de fictions sociopolitiques. Sur l'estrade il y a un répétiteur, sous l'estrade les souffleurs, et les couillons sont devant, en train d'applaudir.
Ca ne vous désespère pas ... Roxane?
Au fait, Claude Guéant, henri Guaino, Raymond Soubie, et autres, sont ils sous le lit présidentiel quand Nicolas susurre des mots à l'oreille de Clara?

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