jeudi 13 septembre 2012

Restaurant à vendre. La Croisière à Brissarthe

La terrasse du restaurant "La Croisière" à Brissarthe


Le village de Brissarthe ne déroge pas à la règle qui veut que tous les commerces de proximité disparaissent peu à peu de nos campagnes.
La Croisière, joli petit restaurant, a fermé ses portes il y a deux mois. C'était la dernière "entreprise" d'un bourg qui compta, il y a une cinquantaine d'années encore, deux épiceries, deux restaurants, un hôtel, une charcuterie, un tailleur, une quincaillerie, un maréchal-ferrand et j'en oublie sans doute. Deux décennies plus tôt, vous auriez également trouvé, un chapelier et un grainetier.
Pourtant, ce dernier restaurant était très viable. Adeline en avait fait le rendez-vous incontournable de tous les VRP, artisans, employés, qui étaient amenés à travailler dans la région. Ils connaissaient cette bonne adresse où, mêlés à quelques habitants du village, à quelques commerçants de Chateauneuf-sur-Sarthe qui n'hésitaient pas à faire le déplacement, ils mangeaient la bonne cuisine de Thierry, dans une atmosphère très conviviale.
Malheureusement, Adeline nous a quittés très vite, frappée par une terrible maladie. Et, la Croisière s'est arrêtée là, auprès de la vieille église romane.
Il suffirait qu'un couple dynamique repère cet endroit, y pose ses valises, rallume les fourneaux, pour que la clientèle revienne, ravie. Tous est prêt pour repartir, dans ce voyage immobile, dans ce bâteau amarré en bord de Sarthe. Les casseroles sont propres, le comptoir est astiqué, les tables ne demandent qu'à être remises en place, dans les trois salles ou en terrasse. Il suffirait de presque rien, peut-être dix années de moins, pour que je leur dise qu'ils viennent (Bon, je sais, c'est une chanson de Reggiani, mais j'avais envie de mettre là ces jolis vers!).
D'ailleurs, je leur dis: "Venez!". Vous serez bien accueillis! Nous vous aiderons à vous faire connaître!
Il y a un défi à relever!

lundi 27 août 2012

Pourquoi je n'irai plus jamais en Tunisie

J'ai intitulé un de mes précédents billets: "Pourquoi je n'irai plus jamais au Sénégal".
Etait-ce le début d'une série?; Je ne sais pas. Mais, en ce qui concerne la Tunisie, je pose le même constat. Ce pays restera l'un de mes  plus mauvais souvenirs de voyage.
Oh, ne croyez pas que je suis un de ces français qui, sortis de l'héxagone, regardent autour d'eux d'un air pincé, les gens et les coutumes! J'ai adoté Cuba, la Turquie, la Grèce, la Crète, le Canada...
Il faut croire que le sud de la Méditerranée ne m'inspire pas.
La Tunisie est un pays de poussière. Les rues des villes sont sales, grouillantes de vendeurs de drouille, avides de vos euros. Ils méprisent les touristes, juste bons à laisser quelques sous dans leurs escarcelles vides. Pas de sympathie ambiante, vous passez des commerçants flagorneurs aux barbus qui vous toisent avec suspission.
Dans les hôtels, le backchich est de rigueur. Au restaurant, au bar, autour de la piscine un sourire se mérite à coups de dinars.
Les plages ne sont pas très propres. Les femmes seules sont des objectifs tout désignés pour les dragueurs locaux.
On ne canalise pas le tourisme autour de sites valant le détour, On crée des sites qui attirent les touristes, des zoos, des spectacles "sons et lumières". Là, dans la chaleur et la poussière, on cotoie des animaux exsangues, des employés de l'ennui, de faux artisans, de faux mariages, de fausses pierres.
Dans des ports de plaisance, comparés sans honte à Saint Tropez ou à Pornic on passe de boutiques qui étalent des tonnes de faux Gucci ou de faux Dior, à des vendeurs de djellabahs "made in china" , négociables entre 10€ et 50€, des terrasses vides, des fausses galères qui, en mer, sont de vraies galères.
Les taxis se négocient au double du prix du compteur.
Deux bonheurs vous seront donnés. Le premier, dans les premières conq minutes de votre arrivée, par le soleil, le second, dans la minute de votre départ, le soulagement de rentrer chez soi.

Entre ces deux moments de votre existence, cette destination "bon marché" vous aura coûté fort cher en heures de vacance perdues!

vendredi 24 août 2012

Rédaction de rentrée: Racontez vos vacances

Devoir de Français.
Classe de 3ème.
Gabrielle D.....

Sujet: Colonie de vacances originale.

Je remercie mon professeur de français pour ce sujet "bateau". Cela fait la quatrième fois qu'on me fait le coup! Bonjour l'originalité!
Cela dit, je vais en profiter pour parler de ma semaine en colonie de vacances, vous pourrez ainsi juger par vous même.
Ma copine Clara et moi, on s'est retrouvées en colo pendant la dernière semaine d'août. Notez bien que c'était une colo particulière, nous n'étions que quatre "pensionnaires". Ma sœur et une de ses copines faisaient partie du lot.
L'un des rares avantages de ce lieu de vacances c'est qu'il est "gratos". A notre époque de crise c'est apréciable! L'endroit est tenu par un vieux couple de retraités. Le vieux s'occupe de nettoyer la piscine et de tondre la pelouse. La vieille fait la cuisine. Il n'y a pas de moniteurs.
J'ai échappé au dortoir des petites. Avec Clara on s'est retrouvées dans une chambre avec deux grands lits.
C'était pratique, le soir, pour discuter. Ah, pour ça, on s'en est payées des bavettes! On empéchait les deux vieux de dormir mais, tant qu'ils ne montaient pas nous dire d'arrêter on causait. C'était bien! Quand le vieux ralait, entre minuit et une heure du matin, on décidait de dormir. Ils sont chiants ces vieux, les boules Quiès c'est pas fait pour les chiens tout de même!
Pour rattraper le sommeil en retard, on se levait vers midi. La vieille avait terminé sa tambouille. On nous forçait à mettre la table ou à faire la vaisselle. Un mauvais moment à passer avant de reprendre nos bavardages.
Après le repas de midi, les deux vieux faisaient la sieste. Comme on les avait empêchés de dormir le veille, ils nous foutaient la paix pour deux ou trois heures. On en profitait pour squatter l'ordinateur.
A leur réveil, on remontait dans notre chambre pour bavarder.
Vers 17h00, on mettait nos maillots de bain et on allait dans la piscine. Le vieux l'avait nettoyée et préparée. Le vieille se remettait à la tambouille pour le repas du soir. La seule fois où il y a eu un problème c'est le premier jour.
Le vieux s'est mis en tête de nous présenter son village et de nous raconter, dans l'église, la bataille qui s'y est déroulée en 866. N'importe quoi! La rentrée c'est dans quinze jours!
Bref, il a fallu mettre les choses au point! On a d'abord fait une tentative d'évasion à vélo mais cela a foiré. Le vieux ne les avait pas encore regonflés.
Alors, on est parties toutes les deux vers l'église en marchant à 50m devant l'ancien. Pas pratique pour lui de nous parler du village à cette distance. Il s'est essoufflé derrière nous.
A un moment, on a croisé une ancienne fermière que je connais. la honte! D'habitude je m'arrête pour lui faire la bise mais là, avec Clara à mes côtés, je suis passée devant elle raide comme un piquet. Un petit signe de tête pour lui montrer que je l'avais reconnue et basta!
Arrivées à l'église on a attendu le vieux en bavardant. Il est arrivé avec cinq bonnes minutes de retard.
Là, il a un peu craqué l'ancien! Il avait compris qu'on se foutait de son histoire comme de l'an quarante! Il nous a passé une avoine, avec des mots bizarres comme "politesse"!
Ou là!
On est des ados nous! La politesse n'est pas au programme du collège! Mais où il va lui avec ses mots compliqués?
Le principal c'est qu'on a coupé à l'évocation historique. Il nous a renvoyées vers la colo. Pas content le vieux! Nous, qu'est-ce qu'on a rigolé!
Et, finalement, on s'était tapé deux km à pied pour rien! On aurait pu éviter ça!
Je crois qu'ils ont compris. Ils avaient envisagé une promenade à pied le long de la Sarthe mais, on n'en a plus entendu parler!
D'autant plus que, le lendemain,  le piquenique auquel ils nous ont obligées à participer chez des amis à eux a été l'occasion de mettre les points sur les I. On a bien voulu dire bonjour. La honte! Puis on s'est éloignées d'une centaine de mètres pour bavarder trois ou quatre heure, jusqu'à ce qu'ils nous rapatrient à la colo. C'est eux qui avaient la honte après ça!
Les jours suivants, on a pu continuer nos bavardages d'adolescentes. On les croisait au moment des repas. Bon, ils se mettaient à la même table que nous mais c'était relativement supportable.
Je dois avouer, pour dire la vérité, que les deux vieux sont mon grand-père et ma grand-mère. Ce n'est quand même pas une raison pour vouloir engager la conversation avec nous!

On est des ados!
C'est l'âge bête!
 Il faut en tenir compte!
Sinon, où on va?

Notation de l'élève et commentaires:
Votre style est un peu familier mais original. NB: Il est inutile de me remercier en début de texte.
Quelques termes et expressions trop triviales: Ex: "Ils avaient la honte...", "gratos","colo" etc...
Utilisation trop fréquente de "On" à la première personne du pluriel. Utilisez "Nous".
Le mot "Politesse" n'est pas compliqué il est seulement difficile à utiliser de manière pratique pour des "ados".
Je vous mets quand même 15/20. J'ai bien rigolé.
J'aprécierais que vous me présentiez vos grands parents. J'adore rencontrer des couillons!
Je leur mets 18/20 en sociabilité et 5/20 en psychologie.Transmettez leur ces notes lorsqu'ils sortiront de la cure qu'ils suivent pour dépression nerveuse.
Je leur conseille la lecture suivante: "Adolescence et psychopathologie par Daniel Marcelli." Ils ne comprendront pas tout mais cela leur fera du bien!
En ce qui me concerne, je vais prendre mon somnifère et mon anti dépresseur quotidiens. Des adolescentes, j'en gère une cinquantaine, alors ...!

jeudi 26 juillet 2012

Joseph KESSEL. L'équipage.

"Ils ne dirent plus rien. Les bruits de l'avenue rendaient plus sensible le silence qu'ils se trouvaient impuissants à rompre. Ils attendirent avec avidité que cet adieu prit fin, que la porte se refermât sur une séparation qui pourtant les déchirait, tellement était intolérable l'instant où, désarmés, ils n'avaient ni la force d'avouer leur angoisse ni celle de feindre.
Jean, surtout, comptait les secondes, ces dernières et lourdes secondes où tout était faux des sentiments exprimés, et le stoïcisme de son père et la vaillance de sa mère, et sa gaieté à lui. Il n'y avait de véritable que la souffrance de ses parents, étale et torpide, et son impatience de les quitter pour ne la plus subir. Il savait que, le seuil franchi, sa tristesse tomberait comme un voile gênant, arraché par la course vers l'action, l'avenir..."

J'ai pris ce livre dans mes mains, lu la première page et il ne m'a plus quitté jusqu'à ce que j'atteigne la dernière ligne. Ah, comme j'aimerais savoir écrire comme Joseph KESSEL. En trois mots, tout est dit. Le talent de l'auteur vous cueille à l'estomac. J'en fus tellement conscient, en cette minute, que je décidai de vous le dire. Comme ça, simplement.

Vous en ferez ce que vous voulez!


jeudi 19 juillet 2012

Tigridia fleur d'un jour

Tigridia:

Ephémères comme le bonheur, elles apparaissent furtivement dans le jardin de Maguy, prennent la pose puis trépassent. Les abeilles ont à peine le temps de les convoiter. Les bourdons sont dans la peine et la seule épitaphe qui conviendrait sur leur tombe tient en un seul mot: "Fut".


Baudelaire n'en fit pas les fleurs du mal et pourtant ce sont des passantes auxquelles il eut pû dédier son poème.

Mais, elles ne nous en laissent pas le temps et se flétrissent plus vite encore que les roses de Ronsard. Trop belles, trop fragiles, elles ne sont que dans le présent et pourtant ne peuvent être offertes.






Ainsi, elles n'appartiennent à personne et ne demandent que le respect dû aux œuvres de la nature.







Une fleur qui mérite un petit haiku:

Trois frèles pétales.
Ephémères comme un pleur
Au creux du jardin.

Petit rappel sur les haikus. Trois vers de 5, 7, 5 syllabes inspirés par les saisons.


  Les deux petits derniers sont nés ce matin!

jeudi 5 juillet 2012

Les aventures d'une carte bleue au restaurant La Tagliatella de Saint Saturnin Sarthe

Compte-tenu de l'accueil réservé par le patron du restaurant "La Tagliatella" de Saint-Saturnin je n'ai pas l'intention de me géner pour dire ce que je pense de ce sympathique restaurant!

Récit:

Le samedi 30 juin, nous nous attablons à quatre en terrasse de cette "pizzeria".
Bon accueil au départ, service rapide, bonne cuisine.
Vers 14H00, nous quittons l'établissement.
Vers 14H30, je téléphone pour dire que nous avons oublié le sac de ma femme sur la chaise. Réponse: "Pas de problème nous mettons de côté".
Vers 18H00, nous venons chercher le sac. On nous affirme qu'iln'y a jamais eu de sac retrouvé.
Le cuisinier est extrêmement désagréable, à la limite de nous mettre dehors. Le patron est odieux, fuyant, désagréable au possible.
Quand le serveur arrive, vers 19H00, il nous jure qu'il n'a pas trouvé de sac.

Suite des évênements:

Le mardi, je me rends compte que des achats ont été passés sur INTERNET, entre 15H00 et 19H00 ce samedi là. Comme j'ai fait opposition à 19H00, plus d'achats par la suite.
Je réussis à contacter le site où les achats ont eu lieu. J'apprends ques trois chemises vont être livrés dans une station service du Mans, point relais, à partir du mercredi midi.
Ce mercredi, la BAC arrête un des serveurs de La Tagliatella qui venait, benoitement, chercher ses jolies chemises, avec la carte d'identité de ma femme.
 Je pense qu'il a gagné sa journée.

J'adresse mes plus vifs remerciements au patron de La Tagliatella et me réserve le droit de mettre les commentaires appropriés sur les nombreux sites sur lesquels j'émets des avis "éclairés".

Quant à vous, fidèles lecteurs, je vous invite à faire un grand détour lorsque vous verrez cette enseigne. Ou alors, payez en liquide.

lundi 2 juillet 2012

Un haïku pour une Haïdjin surréaliste


Sur la pierre bleue
Luit une grenouille verte
Comme ses lentilles.




La mare s'éveille
Ridée par les baisers froids
de l'air matinal

dimanche 1 juillet 2012

Histoire d'eau

Il était une fois, ainsi vont les histoires qui de tous les enfants éclairent la figure. Les miennes sont plutôt réservées aux adultes. C'est ainsi! Où trouves-tu tout ça me disent les amis. Je ne leur réponds pas. Mes morbides histoires sont au noir de mon cœur. Là sont celées mes peines, mes frayeurs, mes regrets. Mes secrets sont farouches comme des femmes battues. Au ciel sombre de mon lit sans dais, ils défilent sans lumière et pourtant éclairent mes insomnies de fulgurantes angoisses.
Chacun d'entre nous, au fond, vit recroquevillé dans sa peau trop étroite et les deux lucarnes de toit qui permettent de regarder le monde, ne livrent de nos pensées qu'un iris bleu, marron, parfois gris cendré, entourant une petite pupille noire qui n'est même pas de la nation. Sous sa mauvaise humeur aqueuse, elle se dérobe pour ne pas révéler l'agencement intérieur de son corps vitré.
Avec l'âge, il advient que seul le rire reste christallin, comme pour se moquer de l'opacification de nos lentilles naturelles. C'est, là encore, un artifice de camouflage. De plus en plus tranquilles, nous pouvons contempler nos secrets derrière le voile blanc de la cataracte. Seuls!

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